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Gîtes et chambres d'hôtes

Le classement en étoiles des meublés de tourisme

Publié le - Mis à jour le

Le classement en étoiles des meublés de tourisme

Un meublé de tourisme classé reçoit de une à cinq étoiles après la visite d'un organisme accrédité, pour cinq ans. Pour obtenir ce classement volontaire prévu par le code du tourisme, le loueur s'adresse auprès d'un organisme de son choix ; il gagne un abattement de 50 % sur ses revenus de location et son offre affiche un repère national du service attendu.

  • Qui classe : un organisme accrédité par le COFRAC ou habilité au titre de l'article L. 324-1 du code du tourisme, après une visite du meublé.
  • Sur quelle base : une grille nationale de 133 critères, révisée en 2021, pour cinq catégories d'étoiles.
  • Pour quoi faire : un abattement micro-BIC de 50 % contre 30 % sans classement, et une catégorie lisible sur chaque annonce.
  • Combien de temps : cinq ans, puis une nouvelle visite de classement.

Ce que le code du tourisme appelle un meublé de tourisme

Le meublé de tourisme se définit à l'article L. 324-1-1 du code du tourisme : une villa, un appartement ou un studio meublé, à l'usage exclusif du locataire, offert en location à une clientèle de passage qui y effectue un séjour à la journée, à la semaine ou au mois sans y élire domicile. La location saisonnière d'un même bien à un même client ne dépasse pas 90 jours consécutifs, selon la Direction générale des entreprises (DGE). Au-delà, on entre dans la location meublée de longue durée, avec un autre contrat de location et d'autres règles.

La France compte environ 1,2 million de meublés de tourisme selon la DGE, dont 179 400 classés en 2023, pour 878 600 lits. Moins d'un bien sur six porte donc des étoiles, ce qui donne au classement une valeur de distinction réelle sur les plateformes.

Meublé de tourisme ou chambre d'hôtes : le critère de la présence

Le meublé de tourisme se distingue de la chambre d'hôtes par l'absence du propriétaire : dans une chambre d'hôtes, l'hôte habite sur place pendant le séjour, partage sa maison et sert le petit-déjeuner, alors que le meublé reste entièrement réservé aux occupants. Les deux activités relèvent de régimes de déclaration distincts, et la chambre d'hôtes ne se classe pas en étoiles. Les formalités propres à cette seconde activité, de la déclaration en mairie au nombre de chambres autorisé, se retrouvent dans les démarches pour ouvrir une chambre d'hôtes.

Quels types de logements peuvent être classés ?

Tous les types de logements meublés loués à la nuitée ou à la semaine peuvent demander un classement : studio, appartement en résidence, maison individuelle, gîte rural, chalet de montagne. La grille s'adapte à la surface et à la capacité d'accueil. Un studio de centre-ville et une longère de huit couchages suivent les mêmes critères, mais la surface minimale exigée varie avec le nombre de personnes accueillies et la catégorie visée.

Cinq catégories d'étoiles et une grille de 133 critères

Le classement des meublés de tourisme compte cinq catégories, de une à cinq étoiles, et repose sur une grille de 133 critères révisée en 2021, selon la DGE. Ces exigences se répartissent en trois chapitres : les équipements et aménagements, les services au client et l'accessibilité, puis le développement durable. Chaque catégorie fixe un seuil de points à atteindre, et certains critères restent obligatoires quelle que soit la note globale.

Ce que mesurent les trois chapitres de la grille

  • Équipements et aménagements : surface habitable par rapport à la capacité, literie, coin cuisine, salle d'eau, rangements, mobilier, état général du bien.
  • Services au client et accessibilité : information remise avant l'arrivée, documents d'accueil, contact joignable pendant le séjour, langues pratiquées, accueil des personnes à mobilité réduite.
  • Développement durable : gestion de l'eau et de l'énergie, tri des déchets, sensibilisation des occupants.

Les critères obligatoires forment un socle qu'aucune compensation ne remplace ; les critères optionnels rapportent des points supplémentaires et permettent au loueur de viser la catégorie supérieure. Les étoiles décrivent ainsi un niveau de confort et de service, jamais un style : un meublé trois étoiles peut être résolument contemporain ou plein de charme ancien.

Ce que le classement change, du point de vue fiscal et pratique

Le tableau compare un meublé de tourisme classé et un meublé non classé sur les points qui pèsent dans la décision du propriétaire, d'après la fiche « Revenus d'une location meublée » du service public (vérifiée le 15 avril 2026) et la page de la DGE.

Point comparéMeublé de tourisme classéMeublé non classé
Abattement micro-BIC50 %30 %
Plafond de recettes, revenus 202577 700 €15 000 €
Plafond de recettes, revenus 202683 600 €15 000 €
Taxe de séjourtarif fixe par catégorie d'étoiles, voté par la communepourcentage du prix de la nuitée
Chèques-Vacances ANCVadhésion possiblenon
Déclaration en mairieobligatoire, sauf résidence principaleobligatoire, sauf résidence principale

Faire classer son meublé : la procédure de classement pas à pas

La procédure de classement d'un meublé de tourisme suit quatre temps : le choix d'un organisme, la visite de classement, le certificat de visite, puis la décision du propriétaire. Aucune étape ne passe par la préfecture depuis la réforme de 2009 ; l'organisme qui visite le bien décide seul de la catégorie, sur la base du référentiel national.

Choisir l'organisme qui réalisera la visite

Le propriétaire choisit librement un organisme accrédité par le COFRAC ou un organisme habilité au titre du 2° de l'article L. 324-1 du code du tourisme, dont les listes figurent sur le site d'Atout France. Plusieurs offices de tourisme, du Pays basque à la Charente-Maritime, et des relais départementaux comme les Gîtes de France proposent ce service ou un accompagnement à la demande de classement. Le coût d'une visite varie selon l'organisme, la surface du bien et le nombre de meublés visités le même jour : il vaut la peine de demander plusieurs devis avant de s'engager.

Préparer la visite de classement

Le passage du contrôleur se prépare avec la liste des critères sous les yeux. Le loueur vérifie la surface, l'inventaire du mobilier, l'état de la literie et la présence des documents remis au client : plan d'accès, règlement intérieur, informations pratiques sur la commune, numéros d'urgence. Un auto-diagnostic, souvent fourni par l'organisme, permet de repérer à l'avance les exigences manquantes et de viser la bonne catégorie.

Le certificat de visite et le délai de 15 jours

À l'issue de la visite, l'organisme adresse au propriétaire un certificat de visite qui comprend le rapport de contrôle, la grille remplie et la proposition de catégorie. Le propriétaire dispose de 15 jours à compter de la réception de ce certificat pour refuser la proposition, selon la DGE. Sans refus dans ce délai, le classement est acquis pour cinq ans. Un refus laisse le meublé non classé, avec la possibilité de refaire une demande après des travaux.

Les démarches en ligne sur le site d'Atout France

Le site de classement d'Atout France sert d'espace administratif au loueur : il permet de créer un compte, d'assurer la connexion à son espace personnel et de rechercher un établissement classé ou un organisme agréé près de chez soi. Atout France alerte en 2026 sur des tentatives d'hameçonnage par mail : aucun document ni information personnelle ne doit partir en réponse à un courriel ou à une lettre qui réclame un paiement ou une pièce d'identité au nom du classement. Le loueur intéressé passe toujours par le site officiel, dont l'adresse finit par atout-france.fr, et non par un lien reçu dans sa messagerie.

La déclaration en mairie, classé ou non

La déclaration du meublé de tourisme en mairie reste obligatoire, que le bien soit classé ou non, sauf lorsqu'il s'agit de la résidence principale du loueur, occupée au moins huit mois par an. Elle se fait avec le formulaire Cerfa n° 14004, envoyé avec accusé de réception, ou par le téléservice de la commune quand il existe. Toute modification des informations déclarées impose une nouvelle déclaration, et l'absence de déclaration expose à une amende pouvant atteindre 450 €. Dans les communes qui ont instauré une procédure d'enregistrement, un numéro à 13 caractères doit figurer sur chaque annonce.

Étoiles, délais, refus : ce qu'un loueur se demande avant de faire classer son meublé

Le classement d'un meublé de tourisme est-il obligatoire ?

Le classement d'un meublé de tourisme reste facultatif. Un meublé peut être loué sans étoiles, à condition d'être déclaré en mairie ; le classement apporte un avantage fiscal et un repère pour le client, pas un droit d'exploiter.

Combien de temps dure le classement d'un meublé de tourisme ?

Le classement d'un meublé de tourisme dure cinq ans. À l'échéance, le loueur fait réaliser une nouvelle visite de classement ; sans cette visite, le meublé perd ses étoiles et l'abattement de 50 % qui les accompagne.

Peut-on refuser la catégorie proposée après la visite ?

Le propriétaire peut refuser la catégorie proposée dans les 15 jours qui suivent la réception du certificat de visite. Passé ce délai, le classement est acquis ; un refus laisse le bien non classé jusqu'à une nouvelle demande.

Plus d'étoiles veut-il dire plus de charme ?

Le nombre d'étoiles d'un meublé de tourisme mesure le confort, l'équipement et le service, pas l'ambiance. Un hébergement modeste peut avoir beaucoup de caractère, et un cinq étoiles rester très standard dans sa décoration.

Avantages fiscaux : l'abattement de 50 % en micro-BIC

L'avantage fiscal du meublé de tourisme classé tient d'abord au régime micro-BIC. Selon la fiche du service public consacrée aux revenus d'une location meublée, vérifiée le 15 avril 2026, les revenus locatifs d'un meublé classé ou d'une chambre d'hôtes bénéficient d'un abattement de 50 %, dans la limite de 77 700 € de recettes pour les revenus 2025 et de 83 600 € pour les revenus 2026. Le meublé non classé ne profite que d'un abattement de 30 %, sous un plafond de 15 000 € de recettes.

Prenons un exemple : un loueur qui encaisse 14 000 € de recettes dans l'année déclare 7 000 € de revenu imposable avec un meublé classé, contre 9 800 € sans classement. L'écart de 2 800 € de base imposable se répercute sur l'impôt sur le revenu et sur les prélèvements sociaux, chaque année pendant la durée du classement.

Le calcul de l'impôt suit ensuite le taux du barème du foyer, auquel s'ajoutent les prélèvements sociaux sur la part imposable. Les frais et les charges réels ne se déduisent pas en micro-BIC : l'abattement forfaitaire les couvre tous. Pour une résidence secondaire louée quelques semaines par an, l'obligation déclarative reste la même, et la fiscalité locale de l'activité touristique (taxe de séjour, cotisation foncière des entreprises selon la commune) s'ajoute à ce calcul ; aucune exonération automatique ne vient du seul classement.

Quand le régime réel devient plus intéressant

Au-delà du plafond, le régime réel s'applique ; il reste aussi accessible sur option. Le régime réel permet de déduire les charges effectives et l'amortissement du bien et du mobilier, ce qui rend le revenu imposable souvent très faible en loueur en meublé non professionnel (LMNP). Le choix entre micro-BIC et réel, comme la frontière entre statut LMNP et LMP ou l'amortissement LMNP des travaux, mérite l'avis d'un expert comptable : le classement améliore le micro-BIC, il ne le rend pas toujours plus avantageux que le réel.

Loi Le Meur : ce que la loi du 19 novembre 2024 a changé

La loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024, dite loi Le Meur, renforce les outils de régulation des meublés de tourisme à l'échelle locale. Côté fiscal, elle a ramené l'abattement du meublé non classé à 30 % sous un plafond de 15 000 €, ce qui creuse l'écart avec le meublé classé et fait du classement un choix presque systématique pour un loueur au micro-BIC.

Côté communes, les règles déjà en place se combinent avec ce texte. Dans les villes qui ont instauré l'enregistrement, une résidence principale ne se loue pas plus de 120 jours par an, règle issue de la loi ELAN de 2018, sous peine d'une amende civile pouvant atteindre 10 000 €. Le changement d'usage d'un logement loué de manière répétée pour de courtes durées peut exiger une autorisation préalable du maire, au titre de l'article L. 631-7 du code de la construction et de l'habitation ; louer sans elle expose à une amende civile pouvant atteindre 50 000 € par bien. Avant toute mise en location, le loueur se renseigne donc en mairie sur les règles propres à sa commune et sur l'usage autorisé du bien ; un bail d'habitation en cours interdit d'en faire un meublé touristique avant son terme. Le portail service-public.gouv.fr publie les démarches administratives à jour pour chaque formalité.

Étoiles, épis et clés : trois repères qui ne se confondent pas

Le classement en étoiles est le seul repère officiel, attribué selon un référentiel national par un organisme indépendant. Les épis et les clés relèvent de réseaux privés qui appliquent leur propre charte : le classement en épis des Gîtes de France évalue le confort et l'environnement du gîte selon les règles du réseau, tandis que le label en clés de Clévacances engage le propriétaire sur une charte de qualité et un suivi par le réseau.

Un même meublé peut cumuler des étoiles officielles et l'adhésion à un réseau, et les deux démarches se préparent souvent ensemble. Les repères se complètent sans s'additionner : seules les étoiles comptent pour l'abattement fiscal et la taxe de séjour, alors que l'appartenance à un réseau apporte une visibilité, une centrale de réservation ou un service de gestion locative.

Lire les étoiles d'une annonce quand on réserve

Pour le voyageur, les étoiles d'un meublé de tourisme donnent une lecture homogène du confort, valable partout en France. Une catégorie récente reflète un état vérifié il y a moins de cinq ans ; le loueur qui affiche des étoiles doit pouvoir montrer sa décision de classement, et la recherche d'un établissement classé se fait sur le site d'Atout France, gage de qualité pour une clientèle qui découvre la région.

Les étoiles ne disent rien de l'emplacement, de l'ambiance ni des conditions de réservation. Avant de verser un acompte, le voyageur lit le contrat, vérifie la présence du numéro d'enregistrement sur l'annonce dans les villes qui l'exigent et compare l'offre de chaque loueur et les règles d'acompte, de caution et d'annulation d'un hébergement à l'autre. Les sources officielles restent les meilleures références : la page de la DGE sur les meublés de tourisme et la fiche du service public sur les revenus d'une location meublée.

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